Lundi 2 mars 2026

RP et journaliste : des métiers compatibles ?

Faux

Cumuler relations presse et activité journalistique n’est pas autorisé. L’Arrêté Peyrefitte du 23 octobre 1964 pose une règle claire : on ne peut pas à la fois représenter des intérêts et participer à la production d’une information indépendante. Cette frontière protège la crédibilité des médias, la lisibilité du rôle des attachés de presse et la confiance du public. En revanche, une prise de parole ponctuelle comme expert reste possible, à condition d’être clairement identifié comme RP.

L’Arrêté Peyrefitte du 23 octobre 1964 fixe une ligne nette. Un journaliste ne peut exercer d’activité de relations presse pour des organismes dont il serait susceptible de traiter l’actualité. Cette règle vaut dans les faits dans les deux sens. Un professionnel des relations presse n’a pas vocation à produire de l’information journalistique. Dès lors qu’une même personne se trouve à la fois en situation de représenter des intérêts et de participer à la fabrication de l’information, le doute s’installe. Ce doute suffit à fragiliser la crédibilité de la parole publiée.

Deux logiques inconciliables dans un même exercice

Les deux métiers obéissent en effet à des logiques profondément différentes. Le journaliste agit dans l’intérêt du public. Il choisit ses sujets, en détermine l’angle, vérifie les faits et assume la responsabilité éditoriale de ce qu’il signe. Le professionnel des relations médias, quant à lui, intervient pour le compte d’une organisation clairement identifiée. Il rend accessibles des informations, met en relation des interlocuteurs, propose des sujets. Sa mission est légitime, mais elle s’inscrit dans une démarche de représentation.

Confondre ces deux fonctions revient à brouiller la chaîne de confiance. Pour le lecteur d’abord, qui doit savoir d’où parle celui qui écrit. Pour les rédactions ensuite, qui doivent pouvoir identifier sans ambiguïté leurs interlocuteurs. Pour les professionnels des relations presse eux-mêmes enfin, dont l’efficacité repose sur une relation transparente avec les journalistes.

Une prise de parole possible, sous conditions

Refuser le cumul ne signifie pas s’interdire toute présence dans les médias. Un professionnel des relations presse peut signer une tribune, livrer une analyse ou intervenir ponctuellement en qualité d’expert. À une condition simple : que sa fonction soit clairement mentionnée et que cette contribution ne s’inscrive pas dans une activité journalistique régulière. Il ne s’agit plus alors de produire de l’information, mais d’exprimer un point de vue situé, assumé comme tel et laissé à la libre appréciation de la rédaction.

Cette règle n’a rien de formel. Elle protège l’indépendance des journalistes, la crédibilité des relations presse et, au-delà, la confiance du public dans l’information. Elle rappelle surtout une évidence professionnelle : ces deux métiers sont complémentaires dans le fonctionnement démocratique de l’information, mais ils ne peuvent être exercés simultanément par une seule et même personne.

La frontière est claire. Elle doit le rester.