Lundi 27 avril 2026

Les médias ne parlent que des grandes marques !

Faux, et la réciproque l'est tout autant. Croire que la notoriété d'une entreprise garantit des retombées presse, ou qu'un nom inconnu condamne à l'invisibilité médiatique, révèle la même incompréhension : ce qui intéresse un journaliste, ce n'est pas une marque. C'est une information.

"Avec notre nom, ça devrait marcher tout seul"

C'est le raisonnement classique du dirigeant d'une entreprise bien établie. La marque est connue, les produits sont distribués, le chiffre d'affaires est là. Pourquoi un journaliste passerait-il à côté ?

Parce qu'un journaliste ne couvre pas une entreprise, il couvre un sujet. Il cherche un angle, une nouveauté, un fait qui parle à ses lecteurs. L'étude SYNAP sur ce que pensent les journalistes de leur relation avec les attachés de presse (2026) le dit clairement : 60% des journalistes ouvrent un mail parce que le sujet ou l'angle proposé les intéresse. Le nom de la marque ou de l'institution ne motive l'ouverture que dans 36% des cas. La notoriété commerciale et la valeur éditoriale d'une information sont deux choses différentes. Les confondre, c'est s'exposer à des fins de non-recevoir, quelle que soit la taille de l'entreprise.

"Nous sommes trop petits ; les médias ne s'intéresseront jamais à nous"

Même confusion, mais en sens inverse. Le patron de PME qui s'autocensure avant même d'avoir tenté quoi que ce soit part du même postulat erroné : il croit que les médias trient les informations selon la réputation de celui qui les envoie. Ce n'est pas ainsi que travaille un journaliste.

La presse régionale, la presse professionnelle et les médias spécialisés sont en permanence à la recherche de sujets concrets et de terrain. Une entreprise de trente salariés qui développe un process de recyclage innovant, une coopérative agricole qui expérimente un nouveau modèle de distribution, une PME qui recrute massivement dans un bassin en tension — voilà des informations. Elles n'ont pas besoin d'un grand nom pour exister. Elles ont besoin d'un angle juste, d'un ciblage précis et d'un interlocuteur qui sait les formuler.

La même réalité, vue des deux côtés

Grand groupe ou PME, le problème est identique : on confond ce que l'on est avec ce que l'on a à dire. La notoriété d'une marque ne produit pas d'information. L'anonymat d'une entreprise n'y fait pas obstacle. Ce qui fait passer une info dans un journal, à l’antenne ou dans un podcast, c'est sa pertinence, à ce moment précis, pour les lecteurs, téléspectateurs ou auditeurs du média en question.

C'est précisément ce travail, identifier la valeur éditoriale d'un fait, le construire en information, le proposer au bon média au bon moment, qui définit le métier d'attaché de presse. Ni le logo sur la façade ni l'absence de notoriété ne le remplacent.